Les maires de Cotonou, Luc Gnacadja, et de Porto-Novo, Rachadou Toukourou, se sont rencontrés le mercredi 8 juillet 2026 afin de poser les bases d’un partenariat destiné à rapprocher les deux principales villes du Bénin. Au-delà d’une rencontre institutionnelle, cette initiative ouvre des perspectives de coopération entre deux territoires aux fonctions complémentaires, confrontés à des défis urbains similaires.
Mobilité, assainissement, gestion des déchets, aménagement urbain, emploi des jeunes et valorisation du patrimoine ; les deux villes phares du Bénin partagent plusieurs préoccupations. Leur rapprochement pourrait donc permettre de mutualiser les expériences et d’imaginer des réponses mieux adaptées aux réalités urbaines.
La gestion des déchets dans le Grand Nokoué constitue déjà un exemple concret de cette interdépendance. Avec l’intervention de la Société de gestion des déchets et de la salubrité (SGDS), Cotonou et Porto-Novo s’inscrivent dans une même dynamique d’amélioration de la salubrité urbaine. Cette expérience montre que certains défis dépassent les frontières communales et nécessitent des mécanismes de coordination durables.
Deux villes, des défis qui se rejoignent
À première vue, Cotonou et Porto-Novo n’ont ni la même densité, ni le même rythme, ni les mêmes atouts. Pourtant, leurs préoccupations se rejoignent. La mobilité urbaine, la gestion des déchets, l’assainissement, l’adaptation aux inondations, la protection des plans d’eau, la création d’opportunités pour les jeunes et la valorisation du patrimoine constituent autant de sujets qui appellent des réponses mieux coordonnées.
Dans un espace métropolitain où les déplacements, les activités économiques et les dynamiques foncières relient de plus en plus les communes, chaque ville a intérêt à s’inspirer de l’expérience de l’autre. Cotonou peut partager son savoir-faire de grande métropole économique, tandis que Porto-Novo peut valoriser son potentiel culturel, patrimonial et touristique, ainsi que son lien singulier avec l’histoire et les paysages lagunaires.
La coopération envisagée ne vise donc pas à effacer les identités locales. Elle peut, au contraire, permettre à chaque ville de renforcer ses atouts tout en bénéficiant des expériences, des méthodes et des innovations développées par l’autre.
Faire du partage d’expériences un outil de gouvernance

À l’issue de la séance de travail, le maire de Porto-Novo a salué une rencontre enrichissante et exprimé sa volonté de renforcer une coopération fondée sur le partage d’expériences, l’innovation et la recherche de solutions communes.
Cette orientation est importante. Entre collectivités, la coopération ne se limite pas à la signature d’un protocole. Elle prend corps lorsque les équipes techniques échangent, que les élus confrontent leurs pratiques et que les solutions efficaces dans une ville peuvent être adaptées à l’autre.
Des échanges réguliers pourraient ainsi porter sur la planification urbaine, la digitalisation des services municipaux, l’amélioration de la collecte des déchets, la prévention des risques d’inondation, la gestion des marchés, la mobilité ou encore l’animation culturelle. À travers ces sujets, Cotonou et Porto-Novo pourraient bâtir une coopération concrète, mesurable et directement utile aux habitants.
Un partenariat au bénéfice des populations
Le rapprochement entre les deux municipalités traduit l’idée que les villes progressent davantage lorsqu’elles cessent de traiter isolément des problèmes qui dépassent leurs limites territoriales.
Pour les populations, l’enjeu est avant tout quotidien : vivre dans des villes plus accessibles, plus propres, plus sûres et mieux organisées. Ce partenariat devra donc favoriser un environnement propice à l’emploi, à l’entrepreneuriat, à la culture et à l’investissement local.
En se donnant la main, Cotonou et Porto-Novo affirment leur ambition de faire de la coopération intercommunale un levier de transformation. La suite dépendra de la capacité des deux mairies à traduire cette volonté politique en feuille de route, en projets prioritaires et en mécanisme de suivi partagé.
Cette rencontre du 8 juillet pourrait ainsi marquer le début d’un partenariat durable entre les deux capitales, au service d’un développement local plus cohérent et plus proche des attentes des citoyens.


