
Les inondations temporaires provoquées par les fortes pluies qui se sont abattues sur la ville de Cotonou ce mercredi 6 mai 2026 ont suscité de nombreuses réactions. Très rapidement, l’efficacité du Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC) a été remise en cause.
Pour de nombreux Cotonois et internautes, le niveau d’immersion observé sur certaines grandes artères durant les précipitations traduirait l’inefficacité de ce programme, pourtant présenté par le Gouvernement comme une solution durable aux problèmes récurrents d’inondation que connaît Cotonou depuis plusieurs décennies.
Cependant, la disparition quasi totale des eaux quelques heures seulement après la fin des pluies a considérablement relativisé ces critiques.
La réalité est que le PAPC constitue un programme structurant et pertinent. Sans prétendre être spécialiste du domaine, il apparaît clairement que ce programme représente une réponse durable et adaptée au défi des inondations à Cotonou. Son efficacité se mesure précisément à sa capacité à évacuer rapidement les eaux pluviales après les épisodes de fortes précipitations.
En effet, quelques heures seulement après la pluie, la plupart des voies précédemment submergées étaient à nouveau praticables, avec une circulation progressivement redevenue fluide. Ce constat constitue une preuve concrète du bon fonctionnement des ouvrages réalisés.
Il convient de rappeler que la problématique des inondations à Cotonou est avant tout liée à des contraintes naturelles et géographiques. Située entre le lac Nokoué et l’océan Atlantique, avec un relief particulièrement bas et une nappe phréatique peu profonde par endroits, la ville est naturellement exposée aux risques d’inondation.
Dans ce contexte, les inondations en période de fortes pluies relèvent en partie d’un phénomène naturel difficile à éliminer totalement. Aucun programme d’assainissement, aussi performant soit-il, ne peut empêcher de manière absolue l’accumulation temporaire d’eau lors de pluies exceptionnelles.
L’objectif réel des ouvrages d’assainissement pluvial n’est donc pas d’empêcher toute présence momentanée d’eau sur la chaussée, mais de garantir une évacuation rapide vers les exutoires naturels que sont le lac, la mer et les bassins de rétention.
Par conséquent, l’évaluation objective de l’efficacité du PAPC doit davantage porter sur le temps de résorption des eaux que sur leur présence momentanée pendant les fortes pluies.
On pourrait raisonnablement remettre en cause l’efficacité du programme si les rues et artères restaient inondées plusieurs jours après les précipitations. Or, les événements observés ce mercredi démontrent plutôt l’inverse : quelques heures après la pluie, l’eau s’était retirée de la majorité des zones concernées.
Ce résultat confirme que les infrastructures réalisées remplissent correctement leur mission.
En définitive, loin de prouver un échec, l’épisode pluvieux observé vient plutôt illustrer l’utilité et l’efficacité du Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou, qui apparaît aujourd’hui comme une réponse crédible et durable au défi de la lutte contre les inondations dans la capitale économique du Bénin.
Franck O. DANNOUME