vendredi 14 août 2026
Flash
Analyses

Désignation des Chefs de villages ou de quartiers de ville : Quatre choses à retenir après la décision de la Cena

En attribuant aux partis politiques les localités dans lesquelles ils sont habilités à désigner les futurs chefs de villages ou de quartiers de ville, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a franchi une étape décisive dans la mise en place des organes de gouvernance de proximité. Derrière cette décision administrative se cachent pourtant des enjeux majeurs pour les communes et pour les citoyens. Décryptage.

Pourquoi cette décision de la Cena est-elle importante ?

La décision de la Cena ne désigne pas directement les futurs chefs de villages ou de quartiers de ville. Elle détermine, conformément à l’article 201 du Code électoral, le parti politique habilité à proposer ces responsables dans chaque localité en fonction des résultats des élections communales et municipales du 11 janvier 2026.

Il s’agit d’une étape essentielle. Sans cette répartition, le processus de désignation ne peut pas être engagé.

Une fois les propositions effectuées par les partis politiques et les nominations prononcées par les autorités compétentes, les communes disposeront enfin de l’ensemble de leurs organes de gouvernance de proximité. Le cycle institutionnel issu des élections générales de 2026 sera alors pratiquement achevé.

Que dit réellement la loi sur les chefs de villages ou de quartiers de ville ?

Pour beaucoup de citoyens, le chef de village ou de quartier de ville est avant tout une figure traditionnelle ou administrative.

En réalité, la loi lui confère un rôle beaucoup plus stratégique.

Premier relais de l’administration communale auprès des populations, il contribue à la diffusion des informations officielles, facilite la mobilisation citoyenne, participe à la prévention et au règlement des conflits de proximité et veille au maintien de la cohésion sociale.

Il constitue également un interlocuteur privilégié des autorités communales pour faire remonter les préoccupations des habitants et accompagner la mise en œuvre des actions de développement.

Son action s’inscrit dans le fonctionnement des organes infracommunaux, notamment les conseils de villages et de quartiers de ville, véritables espaces de participation citoyenne prévus par les textes.

Que peuvent concrètement attendre les citoyens ?

Au-delà de leur désignation, les futurs chefs de villages ou de quartiers de ville seront attendus sur leur capacité à être présents aux côtés des populations.

Les citoyens espèrent des responsables disponibles, à l’écoute et capables de relayer efficacement leurs préoccupations auprès des autorités communales.

Ils attendent également qu’ils jouent pleinement leur rôle dans la sensibilisation des communautés, la prévention des conflits, la protection des biens publics, la mobilisation autour des projets communaux et l’amélioration du vivre-ensemble.

Dans un contexte où les communes doivent faire face à des défis liés à l’urbanisation, au foncier, à l’assainissement, à la sécurité ou encore aux effets du changement climatique, ces responsables de proximité peuvent contribuer à rapprocher davantage l’action publique des réalités du terrain.

Quels défis attendent les futurs chefs ?

La désignation des nouveaux responsables ne constitue pas une finalité.

Le véritable défi commencera avec leur prise de fonction.

Ils devront travailler en étroite collaboration avec les conseils d’arrondissement, les conseils communaux, les services techniques et les populations pour faire vivre la démocratie locale.

Ils devront également exercer leurs responsabilités dans un esprit d’impartialité, malgré leur désignation par des partis politiques. Une fois installés, ils auront vocation à servir l’ensemble des habitants de leur village ou de leur quartier, sans distinction d’appartenance politique.

Leur crédibilité reposera sur leur capacité à écouter, à dialoguer, à anticiper les difficultés et à contribuer efficacement au développement de leur communauté.

Une responsabilité au cœur du développement local

La décision de la Cena marque une nouvelle étape dans la consolidation de la gouvernance locale au Bénin. Elle ouvre la voie au renouvellement des premiers relais de l’administration communale, au plus près des citoyens.

Mais au-delà de la procédure, l’enjeu est celui de la confiance entre les populations et leurs institutions. Car une commune ne se construit pas uniquement à travers ses infrastructures ou ses budgets. Elle se construit aussi grâce à des responsables de proximité capables d’écouter, de rassembler et d’agir.

C’est à cette condition que les chefs de villages ou de quartiers de ville pourront pleinement jouer leur rôle de passerelle entre les citoyens et les autorités communales, au service d’un développement local plus participatif, plus efficace et plus durable.

← Précédent
Gouvernance locale : Nikki termine le premier semestre…
Suivant →
Appel à candidature : l'OIF lance un programme…